La structure d'un projet détermine directement à quel point son évolution sera fluide… ou douloureuse.
J'ai travaillé sur des produits qui ont grandi pendant plusieurs années, mais aussi sur des projets devenus presque impossibles à maintenir après quelques mois seulement. Dans la majorité des cas, le problème ne venait pas de la technologie utilisée, mais de l'organisation du code dès le départ.
Voici comment j'aborde la structuration d'un projet full-stack moderne, avec un objectif simple : rester lisible, évolutif et agréable à faire vivre dans le temps.
Organisation du backend
Plutôt que de structurer le code par couches techniques (controllers, services, repositories, etc.), j'organise le backend par domaines métier.
Concrètement, cela signifie que chaque grande fonctionnalité ou concept métier possède son propre espace clairement identifié : utilisateurs, facturation, catalogue, commandes, authentification, etc.
Chaque domaine regroupe :
- sa logique métier,
- ses accès aux données,
- ses règles de validation,
- ses API,
- et ses tests.
Cette approche présente plusieurs avantages très concrets :
- on comprend rapidement ce que fait le système en parcourant l'arborescence,
- les dépendances entre fonctionnalités sont visibles et maîtrisées,
- les modifications sont localisées et moins risquées,
- il devient plus simple de faire évoluer ou refactorer une partie sans impacter tout le reste.
C'est particulièrement important dans les startups, où de nouvelles fonctionnalités apparaissent en permanence et où le périmètre évolue rapidement.
Organisation du frontend
Côté frontend, je fais une séparation très claire entre :
- la logique d'interface (composants, états visuels, interactions utilisateur),
- et la logique métier (règles, calculs, transformations de données, orchestration).
L'objectif est double :
- éviter que des règles métier critiques se retrouvent dispersées dans des composants UI,
- permettre de faire évoluer l'interface sans remettre en cause le fonctionnement profond de l'application.
Les API sont traitées comme de véritables contrats.
Cela implique :
- des schémas clairs,
- des types stricts,
- des erreurs explicites,
- et une stabilité dans le temps.
Quand cette frontière est bien définie, le frontend et le backend peuvent évoluer en parallèle sans se bloquer mutuellement.
Pratiques communes
La structure seule ne suffit pas. Les règles partagées jouent un rôle tout aussi important.
Dès le premier jour, je mets en place :
- un linting cohérent,
- un formatage automatique,
- un typage strict,
- des conventions de nommage claires,
- et des règles de revue de code minimales.
Cela permet :
- d'éviter les débats inutiles sur le style,
- de réduire les erreurs triviales,
- de rendre le code homogène même avec plusieurs développeurs,
- et de faciliter l'onboarding de nouveaux profils.
Ces choix peuvent sembler secondaires au début, mais ils deviennent critiques dès que le projet dépasse quelques milliers de lignes.
Résultat
Avec ce type d'organisation, les projets restent :
- lisibles,
- prévisibles,
- plus simples à tester,
- et beaucoup plus faciles à faire évoluer.
Même après plusieurs années, on peut encore comprendre rapidement :
- où se trouve une fonctionnalité,
- comment elle fonctionne,
- et quelles seront les conséquences d'une modification.
Pour une startup, cela représente un avantage énorme : moins de dette technique, moins de temps perdu, et une capacité à itérer plus vite sans fragiliser le produit.
La structure ne fait pas tout, mais elle crée un cadre.
Et dans un environnement où tout évolue vite, ce cadre fait souvent la différence entre un produit qui grandit sereinement… et un produit qui devient progressivement impossible à maintenir.